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Tuesday, 23 May 2023

Un coeur qui bat et qui rassemble

Dans la dernière semaine je suis allé à deux funérailles et à une fête de famille. Les trois étaient bien différents les uns des autres mais avaient tous quelque chose en commun : un cœur qui rassemblait une famille.

La célébration de vie de mon ami Pierre a eu lieu au salon funéraire du cimetière de Beechwood. Après une courte prière, son épouse, ses frères et sœurs, leurs conjoints et conjointes, les petits enfants, un prêtre ami de la famille ont tous dit quelques mots au sujet de leur relation avec lui. Ensuite, nous avons visionné un montage de photos et de vidéos. Le tout aurait pu paraitre très long mais s’est déroulé rapidement. En une heure la prise de parole de chacun, les images, la vidéo de Pierre interprétant « Toujours plus haut, toujours plus loin » de Jean-Pierre Ferland dans un spectacle amateur – tout cela dessinait peu à peu les traits du visage de mon cher ami. Je me souviendrai toujours du partage qu’a faite une de ses petites filles au sujet de son « pépère ». Elle nous a dit qu’elle croyait que chacun des petits enfants avait hérité de talents ou de qualités de leur grand-père. Elle a ensuite énuméré ceux qu’elle voyait en elle-même et dans chacun des autres petits-enfants. Ses paroles visaient juste : sa description était bien celle de celui que j’ai appris à connaitre pendant les plus de 10 ans de notre amitié.

La deuxième célébration, les funérailles de ma belle-mère Eva, s’est déroulée de façon plus traditionnelle : l’accueil des visiteurs par la famille au salon funéraire, une célébration de la parole avec eucharistie à l’église suivi d’un goûter. Pat, le fils d’Eva a fait l’éloge funèbre. En préambule, il nous a dit que sa mère l’avait averti de ne pas parler d’elle parce que ce qui comptait c’était la famille et non pas elle. Pat n’avait pas à s’inquiéter d’aller à l’encontre des souhaits de sa mère : tout ce qu’il a dit d’elle parlait en même temps de la grande famille d’Eva – il est impossible de faire autrement parce que Eva était et demeure le cœur vivant de cette famille. Elle sera toujours dans ma mémoire la maman qui se réjouit et se préoccupe de ses enfants, de ses petits-enfants, de ses arrière-petits-enfants ainsi que tous ceux que, comme moi, elle a « adopté » et entouré d’amour au cours de sa longue et belle vie.

La fête de famille a eu lieu le lendemain des funérailles de Eva chez Michel Babin. Nous étions une quinzaine : des frères et sœurs, des cousins et cousines, un beau-frère, des amis, des enfants et des petit-enfants et même deux chiens du voisinage rassemblés pour fêter. Les conversations autour d’un verre de bière ou de vin, le rire et les jeux des petits enfants, le repas simple mais délicieux, la joie de se retrouver et d’être ensemble pour quelques heures… tous étaient au rendez-vous. Après cette fête, je me suis demandé : si Pierre et Eva étaient les « cœurs battants » qui rassemblaient les gens, quel était celui qui nous rassemblait chez Michel. Celui d’Hélène, la sœur de Diane et l’épouse de Michel, décédée depuis plus de vingt ans? Celui de Rolande, la mère de Diane décédé en 1975? Sans doute les deux.

Ce dont je suis certain c’est que le « cœur battant » qui nous rassemblait dans toutes ces célébrations était bel et bien vivant parce qu’il était celui d’un amour qui ne peut pas mourir. Je reverrai un jour Pierre, Eva, Rolande et Hélène et nous pourrons alors à nouveau célébrer cet amour.

Saturday, 11 February 2023

Un festin royal

Quand mes deux filles étaient toutes petites, elles aimaient cueillir des fleurs sauvages pour les offrir à leur mère. J’ai mémoire de les voir entrer dans la cuisine de l’ancien presbytère de Papineauville où nous demeurions à l’époque avec un énorme sourire et une poignée de pissenlits et de petites fleurs des champs. Les tiges de celles-ci étaient déjà courbées et les pétales fanés. Ces bouquets qui fourmillaient sans doute de bibittes étaient bien pauvres, mais Diane les accueillait comme si c’était le plus beau cadeau qu’elle avait reçu de toute sa vie. Elle sortait le vase en cristal hériter de sa mère, y versait un peu d’eau, et y insérait les fleurs comme elle le faisait pour les roses que je lui offrais occasionnellement. Le bouquet prenait ensuite une place d’honneur au centre de la table de cuisine qui était aussi le centre de notre vie de famille. La vieille table de métal était alors prête pour célébrer le festin: celui de l’amour qui régnait dans notre petite famille.

Sunday, 17 July 2022

Photo de famille

Une photo de famille (circa 1955?) que je n’avais jamais vue auparavant. C’est la seule photo que j’aie vue contenant tous les membres de notre famille et une des rares en couleur de cette époque. Je ne sais pas où elle aurait été prise ni par qui. Le paysage champêtre suggère que c’était peut-être chez une de mes tantes qui avait une ferme (tante Rose?). Je n’ai aucun souvenir de la journée de la prise de cette photographie.

Diane la regardait hier et me disait qu’elle ne reconnaissait pas les garçons, même pas moi. Je n’ai pas eu de difficulté à les placer tous. Ils sont en ordre d’âge du plus jeune au plus âgé de gauche à droite : Michel, François, Denis, Gilles, Pierre, Jean-Guy et Roger. Ce n’a pas dû être facile de nous rassembler ainsi et de nous mettre en ordre de cette façon-là. Les visages de Pierre et de Jean-Guy en disent long : une expression de révolte et de colère qu’on ait interrompu leurs jeux pour cette prise de photo? C’est certainement possible!

Mes cheveux presque blonds et ceux de Denis qui l’étaient encore plus que les miens, m’étonnent. J’avais aussi oublié que je portais des verres quand j’avais cet âge-là – une tentative de renforcir un œil « paresseux » qui n’a jamais fonctionné. Mon œil gauche qui était atteint de strabisme avait été corrigée par une intervention chirurgicale, mais est toujours demeuré plus faible que l’autre et a toujours été un peu vagabond – Il a tendance à regarder à droite quand l’autre fixe quelque chose à gauche. La grandeur de Roger m’étonne aussi. Il est mon ainé de dix ans. Il devait donc avoir 16 ans à ce moment-là.

Le sourire de mes parents me surprend un peu. Pourtant, dans la plupart des photos prisent d’eux, ce sourire était là. Le souvenir que j’ai d’eux diffère de cela. J’imagine qu’avec une marmaille comme la nôtre à nourrir et à tenir en vie ce n’était pas toujours facile pour eux. Mon gendre Kent, en parlant de mon petit-fils Victor, dit souvent qu’il a un « désir d’extinction » parce qu’il fonce à toute allure sans se soucier des murs qui pourraient se trouver sur sa route. Cela est certainement un héritage de la famille Côté : nous avons contribué amplement à enrichir les compagnies de diachylons et aidé les médecins de famille et de salle d’urgence à se tenir occuper. J’ai souvenir de nombreuses visites chez le médecin et de plusieurs séjours à l’hôpital. Mes frères ont sans doute aussi de nombreux souvenirs semblables.

Cette photo me laisse avec un mélange de sentiments: nostalgie d’une époque révolue mais qui habite toujours une partie de qui je suis; sentiment de gratitude pour toute la vie et la croissance qu’une grande famille m’a permis d’éprouver; un peu de tristesse en pensant que nous étions neuf à l’époque et que quatre sont maintenant parties.

C'est une belle photo et un beau cadeau à découvrir 67 ans plus tard!

Tuesday, 28 September 2021

Être à la hauteur

Une des conversations récurrentes dans la famille de ma fille Marie-Claude est la grandeur de nos petits-enfants. Mon gendre Kent mesure au-delà de 6 pieds 2 pouces et, même si ma fille ne fait que 5 pieds 5, les enfants grandissent rapidement et seront tous les deux très grands. Et ils ont hâte de grandir. Katherine veut sans cesse se mettre dos à dos avec sa mère pour voir si sa taille est finalement la plus grande des deux. Elle est fière de réussir l’exploit de toucher la tête chauve de son papa.

Ce désir de grandir est profondément ancré en nous et ne cesse pas quand nous devenons adultes. Nous cherchons sans cesse à être « à la hauteur » des situations auxquels nous faisons face : des défis quotidiens et des exigences qui nous sont imposées par les autres à qui nous voulons plaire ou que nous nous imposons nous-même à cause de nos idéaux ou même de nos peurs d’échouer.

Ce désir, nous le transférons même à notre relation avec Dieu si nous avons une vie de foi. C’est du moins ce que j’ai longtemps observé en moi. Le désir qui m’habitait de connaitre Dieu, d’entrer en relation avec lui et de l’aimer cohabitait avec le sentiment de n’être pas assez bon, assez pieux, assez aimable pour que ce désir soit comblé. Je ne me sentais certainement pas souvent « à la hauteur » du Dieu que je m’imaginais.

Le père de Katherine, quand elle lui dit qu’elle veut être aussi grande que lui, lui répond simplement qu’avec une mère qui ne mesure que 5 pieds 5, cela n’est tout simplement pas dans son ADN. Ce que j’ai appris au cours des années, est que d’être « à la hauteur » de Dieu n’est tout simplement pas dans mon ADN et que ceci n’est pas une tragédie à déplorer, mais une source d’espérance, de paix et de joie. Ma finitude, mes pauvretés, mes faiblesses ne sont pas pour le Dieu de Jésus - le vrai Dieu et non celui de mes peurs – des obstacles à ma relation avec le Père mais, au contraire, l’occasion pour Lui de me remplir de sa plénitude, de ses trésors et de sa miséricorde. Je n’ai pas à chercher à être à la hauteur de Dieu; j’ai à le laisser me prendre dans ses bras et à me hisser à sa hauteur à Lui.

Wednesday, 19 May 2021

Des câlins en chair et en os

Les rencontres virtuelles sont les seuls contactes que nous avons avec nos petits-enfants depuis Pâques, question de respecter les consignes de confinement en vigueur. Lors de notre rencontre hebdomadaire en fin de semaine, notre petite-fille Katherine nous a montré un des bras du « robot à donner des câlins » qu’elle est en train de construire. Je suis certain qu’il y aurait un marché pour une telle invention parce qu’il y a certainement une grande pénurie de câlins ces temps-ci. Le robot de Katherine n’est pas la première tentative de nos petits enfants de trouver un substitut pour ces précieux câlins que nous manquons tous. Ils en ont aussi inventé un qui consiste à enlacer les bras autour du portable pour nous embrasser virtuellement. L’an dernier, pendant les mois où nous pouvions voir nos petits enfants uniquement dehors et en gardant une distance de deux mètres, Katherine s’était exclamée, « Ça fait mal de ne pas pouvoir donner de câlins! » Elle avait parfaitement raison. Les "câloins" (câlins à distance) ne sont pas suffisants.  Heureusement que la fin de la pandémie approche et que nous n’aurons bientôt plus besoin de ces substituts qui n'arrivent pas à compenser pour l’absence de vrais câlins en chair et en os.

Sunday, 21 February 2021

Bonne à garder!

Mon gendre Stephen est un grand amateur de pêche et de chasse. C’est de son père qu’il a reçu cette passion pour ces activités en pleine nature et qu’il a appris à respecter celle-ci. Il n’est pas étonnant qu’il ait voulu transmettre à ses propres enfants cette passion et ce respect. Mon petit-fils Daniel a donc appris très jeune à pêcher. Il a aussi appris que seuls les poissons d’une certaine taille étaient « bons à garder » (son père qui est anglophone employait l’expression « It’s a keeper »). Il fallait remettre à l’eau ceux qui étaient encore trop petits.

Daniel était très content quand sa petite soeur Lena est née. Quelques jours après sa naissance, je la tenais dans mes bras et j’ai constaté que sa couche était mouillée. Je l’ai levée au bout de mes bras en faisant mine de l’examiner attentivement. Puis j’ai dit à Daniel, « Ce bébé coule. Il va falloir le retourner à l’hôpital et en prendre un autre qui ne coule pas. » L’expression de panique sur son visage m’a fait réaliser qu’il ne comprenait pas que je plaisantais. Puisant dans son vocabulaire et son expérience de petit bonhomme de sept ans il est aussitôt venu à la rescousse de sa soeur : « Non grand-papa. Elle est bonne à garder ! » 

Daniel n’a pas eu besoin de ruban à mesurer, ni de balance pour savoir que sa petite soeur était « bonne à garder. » Il n’avait comme instrument de mesure que son cœur qui était rempli d’amour pour cette nouvelle-née, même si elle « coulait ». Daniel connaissait déjà le secret du renard dans Le Petit Prince : on ne voit bien qu’avec le cœur.

Il m’a fallu bien des années pour me laisser apprivoiser par ce secret que Dieu m’a pourtant soufflé à l’oreille de mille façons. Malgré toutes mes imperfections et toutes mes failles, son amour est son unique instrument de mesure quand il me regarde. C’est ce qu’il me dit par le prophète Isaïe :

Tu es précieux à mes yeux.
Tu comptes beaucoup pour moi et moi je t'aime.
Tu es gravé sur la paume de mes mains.
Je t'ai choisi et je suis avec toi.   

Et quand j’ai de la difficulté à entendre ou à croire ces paroles, il me les répète par la bouche et dans les mots d’un enfant :

  Tu es bon à garder !  

Saturday, 6 February 2021

Un coeur d'enfant

Hier, ma fille Marie-Claude m’écrivait dans un courriel qu’elle avait participé à une activité de mentorat sur ZOOM. Elle était l’une de 14 personnes choisies pour leur expertise et leur expérience pour donner des conseils à des étudiants universitaires qui envisagent une carrière dans le secteur public. Elle a terminé son courriel en ajoutant – « On me prendrait presque pour une grande personne! » C’est une expression que je l’ai souvent entendu employer.

Je suis fier de mes deux filles. Geneviève et Marie-Claude ont tous deux souci d’aider les autres à grandir, à devenir de meilleures personnes. Quand elles prennent en charge une situation elles ne le font pas en « s’élevant au-dessus » des autres, mais elles grandissent elles-mêmes en « élevant les autres ».

Mes deux filles sont, de fait, de « grandes personnes » parce qu’elles ont appris que, pour faire de « grandes choses », il faut demeurer « petit » et au service des autres. Elles font des choses de grandes personnes en gardant un cœur d’enfant. Oui, je suis très fier de mes deux « grandes » filles!


Saturday, 23 January 2021

Le plus grand

 Les parents, ces “grandes personnes”, sont vraiment étranges. Ils passent leur temps à prendre soin des enfants, à les nourrir, les éduquer, les protéger, les habiller… Ils sont tellement occupés à faire toutes ces choses qu’ils oublient la chose la plus importantes : ce ne sont pas eux qui ont le rôle le plus important, mais leurs enfants. Les enfants, ces « petites personnes », sont là pour apprendre à leurs parents à aimer. Qui, alors, est le plus grand des deux?

Saturday, 9 January 2021

Souvenirs de mon grand frère

Mon grand frère est parti depuis quelques années mais les souvenirs de lui habitent toujours un coin de mon coeur.

Mon frère Jean-Guy était curieux et aimait expérimenter pour voir comment les choses fonctionnaient.  Un jour il s’était mis dans la tête d’attacher une longue corde à sa bicyclette à un bout et à un arbre à l’autre bout. Il voulait voir s’il pouvait se mettre à pédaler à pleine vitesse et freiner avant d’arriver au bout de la corde. Il a eu sa réponse quand la bicyclette s’est arrêtée soudainement avant qu’il n’ait eu le temps de freiner. Jean-Guy a eu sa première et dernière leçon de vol ce jour-là. La bicyclette est restée là mais Jean-Guy a continué à voler par-dessus les guidons.

Jean-Guy était débrouillard et trouvais des solutions originales pour régler des problèmes. Nous vivions juste à côté du parc de la Gatineau et c’était notre terrain de jeu. Jean-Guy emmenait souvent ses petits frères faire de longues randonnées dans les bois. Un jour, nous sommes arrivés au pied d’une petite falaise d’une quinzaine de mètres. Jean-Guy a réussi à l’escalader sans trop de difficultés, mais pour les plus jeunes ce n’était pas facile et nous avions peur de monter. Jean-Guy a trouvé une solution. Il avait un rouleau de ficelle, le genre qui sert à attacher les balles de foin. Il a laissé la corde descendre la falaise et nous a dit de nous accrocher à elle et qu’il tirerait pour nous aider à monter. La ficelle était beaucoup trop fragile pour soutenir notre poids, mais nous avions confiance dans notre grand frère et nous avons réussi à nous rendre en haut de cette façon-là. Pendant que nous grimpions le rocher, notre chien Peewee qui était avec nous s’est mis à japper et à gémir. Je ne comprenais pas pourquoi il faisait cela. En vieillissant, j’ai compris qu’il essayait probablement de nous dire en langage de chien, « Vous allez vous casser le cou, bande de fou ! »

Mon grand frère avait une passion pour bâtir des choses. Quand il était jeune il rêvait toujours de bâtir des maisons dans les arbres, des radeaux, des forts de neige… Pour bâtir il avait besoin d’outils. J’entends encore la voix de mon père crié de son atelier dans le sous-sol, « Qui a pris mon marteau… ma scie … mon tournevis ! » Mon père était distrait et le tournevis se trouvait quelquefois dans la poche arrière de son pantalon. Mais la plupart du temps, c’est Jean-Guy qui avait emprunté les outils disparus pour un de ses projets de construction. 

Pour bâtir, ça prenait aussi des matériaux de construction et Jean-Guy avait beaucoup d’imagination pour en trouver. Une fois, il nous a emmené à une vieille grange. Il nous a dit qu’elle était abandonnée. C’était une mine d’or de matériaux de construction : des planches, des poutres, des deux par quatre, des tuiles sur le toit… On pouvait construire beaucoup de choses avec tout cela. Nous venions de commencer notre travail de démolition de la grange pour récupérer ces matériaux quand un fermier est arrivé avec son chien et son fusil de chasse. Chose étonnante, il ne semblait pas savoir que sa grange était abandonnée. Heureusement, ce monsieur a trouvé cela pas mal drôle et il aimait les enfants et nous a laissé partir.

Jean-Guy était un vraiment bon gars. Je pense qu’il n’avait pas une goutte de méchanceté en lui, mais il lui arrivait d’agir avant de penser aux conséquences de ce qu’il faisait. Chaque année nous achetions des pétards pour fêter le premier juillet. Je me souviens d’un de ces 1ier juillet. Pendant que j’étais penché pour ramasser quelque chose, Jean-Guy tenait un gros pétard allumé dans sa main, un de ceux qu’on appelait pétards « à cinq cennes ». Il l’a déposé sur mon dos en pensant que ce serait drôle de me voir réagir quand le pétard éclaterait. Le pétard a roulé de mon dos vers mon cou où je l’ai senti. Comme je mettais ma main sur mon cou, le pétard a éclaté. J’ai encore une cicatrice dans le cou comme souvenir de cette journée-là.

Avec cinq petits frères autour de lui qui grouillaient beaucoup et qui faisait de temps en temps des mauvais coups, Jean-Guy pouvait quelquefois, avec raison, être impatient avec nous. Un jour, j’ai emprunté sa bicyclette sans demander sa permission. Je l’ai entendu derrière moi me dire d’arrêter, mais je savais qu’il ne pourrait pas courir assez vite pour me rejoindre et j’ai continué à pédaler en pensant que je lui avais joué un bon tour. Soudainement j’ai senti quelque chose me mordre entre les deux épaules et je suis tombé de la bicyclette. Jean-Guy avait décidé que la seule façon de m’arrêter était de se servir de sa carabine à plomb. Il avait un bon œil et n’avait pas manqué la cible!

Un jour, je vais revoir mon grand-frère. Nous pourrons alors jaser de ces souvenir d'enfance et rire de bon coeur!

Sunday, 3 January 2021

Snowfall

This is about a little incidence that I have already referred to in a previous posting in French. I thought my English-speaking friends would enjoy it as well.

Daniel was not yet 1 year old when the first snowstorm came at the beginning of December that Winter in Kelowna. I stood in the kitchen looking at a good layer of fluffy snow through the patio doors opening onto our porch. Everything in view was a dazzling white.

I heard the familiar footsteps of Daniel running into the kitchen. I use the term "running", but he really looked more like someone falling forward and taking quick steps to avoid landing flat on his nose. I waited with anticipation to see his reaction to the first snowfall of the year - in fact, the first snowfall that he could recall in his short life.

He stopped abruptly facing the patio doors and was very quiet for a few seconds staring intently at the scene. Daniel then said a single word in French: "dégât!" Dégât - "what a mess!" - was the word he invariably used when he inadvertently spilled milk when he was eating.

The snow was beautiful that morning, but millions of Canadian drivers would no doubt have agreed with his one-word evaluation of the situation.


Thursday, 24 December 2020

Fêter Noël en famille

Il était presque minuit quand nous nous sommes couchés ce soir-là peu de temps après notre mariage. C’était un soir de semaine et je devais me lever tôt le lendemain matin pour aller travailler. La nuit serait donc courte et j’étais fatigué. Diane ne pouvait pas dormir et elle m’a dit, « Raconte-moi une histoire. » Je n’avais jamais fait cela auparavant, mais je savais que si je ne le faisais pas elle aurait le goût de jaser et que cela risquait d’écourter la nuit de sommeil davantage. Je me suis donc lancé dans ma « carrière » de conteur et j’ai laissé mon imagination pondre un conte: La montagne de l’étoile du matin. Quelques jours plus tard, le même scénario s’est répété et Diane m’a dit, « Raconte-moi une autre histoire. » C’est ainsi qu’est né un deuxième conte: La grande quête.

Ces deux contes font partie de notre famille depuis ce temps. Je les ai racontés à mes enfants et à mes petits-enfants. J’ai même tenté une version écrite que j’ai offerte en cadeau de Noël à mes deux filles quand elles étaient petites. Ces contes ne sont donc pas uniquement à moi : ils sont nés d’une requête de Diane et ont « grandi » avec notre famille. Ils sont un reflet de l’amour qui nous uni.

Noël a toujours été pour nous une occasion de fêter en famille et d'élargir celle-ci en accueillant des amis pour partager notre joie d’être ensemble. Cet année, il nous est impossible de faire cela physiquement. J’ai donc pensé vous accueillir chez nous par le billet de ces deux petits contes de famille. Vous pourrez en "déballer" un aujourd'hui sur mon blog: La montagne de l’étoile du matin. Saint Nicolas livrera le second au courant de la nuit et vous pourrez le lire demain.

Joyeux Noël à tous!

Monday, 14 December 2020

Un souvenir de famille II

 Voici l'ange qui, grâce à un commentaire de notre petite fille Katherine, est devenu "un souvenir de famille" en décembre 2019. 

Here is the angel that became "a family memory" last december because of a comment made by our granddaughter Katherine.


Thursday, 10 December 2020

Le grand silence du dedans

Dans la conversation après le souper chez ma fille samedi dernier, nous parlions des choses qui nous empêchent de concentrer sur le travail à faire. Katherine et son petit frère Victor font l’école virtuelle à la maison et, même s’ils sont dans deux pièces différentes, ils peuvent parfois entendre ce qui se passe dans l’autre « classe ». Katherine nous a dit qu’en plus d’un bouton qui permet de monter le volume sur un ordinateur, il serait bon d’avoir un bouton qui « monte le silence ».

Ma fille Marie-Claude a fait du pouce sur cette remarque en disant, « Grand-papa aimerait avoir un bouton comme celui-là. Il aime se sauver pour aller dans des monastères ou il y a beaucoup de silence. »

Je ne sais pas si un « bouton qui monte le silence » me serait si utile que cela. Il est vrai que j’aime les temps de silence et parfois que ces temps soient prolongés, mais le genre de silence dont j’ai avant tout soif est celui qui se trouve dans les profondeurs de mon cœur: là où il y a une Présence et une « Voix » qui cherche à se faire entendre.

Au lieu d’un « bouton qui monte le silence », c’est donc d’un submersible dont j’aurais besoin, pour descendre aussi loin que possible dans ce que Sainte Élisabeth de la Trinité appelait « le grand silence du dedans ». Avec un submersible de ce genre, je pourrais pénétrer dans les recoins les plus reculés de mon cœur pour m’y installer quelques instants et prier: « Parle Seigneur, ton serviteur écoute. » 1 Samuel 3,10